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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2176 - 05/06/09 > Actualité > Agents pas si secrets

Agents pas si secrets

mercredi 3 juin 2009 / "le Patriote"

Plus de 200 assistantes sociales, éducateurs, psychologues et puéricultrices étaient en grève le jeudi 28 mai. Motifs : une administration trop lourde et la sourde oreille des pouvoirs publics.

Toutes ces professions qui ont exprimé leur colère ont un point commun : elles appartiennent à la Direction de la Santé et des Solidarités. Leurs représentants de la CGT, de FO et de la CFDT avaient auparavant déposé un préavis de grève « pouvant aller de 55 minutes à 24 heures » pour cette journée du 28 mai. Au final, la mobilisation aura durée toute la matinée, avec reprise générale du travail aux alentours de 12h30. Indispensables, les agents de la DSS (car c’est ainsi qu’ils sont désignés) interviennent dans tout le département et sont ainsi répartis sur une vingtaine de circonscriptions, dont plusieurs sur Nice. Ils font partie d’un véritable dispositif de proximité dont la fonction est de répondre à des demandes sociales et éducatives diverses. Ils sont plus de 500 dans les Alpes-Maritimes.

Les raisons de la colère

Les demandes des personnels avaient été clarifiées dans le préavis de grève. Parmi les besoins impératifs : une meilleure « écoute des acteurs de terrain, (…) des conditions matérielles décentes [et] des ouvertures de postes urgentes pour répondre aux besoins ». Au quotidien, les répercussions de ces manques sont évidentes et le constat accablant : dégradation des conditions de travail, absence d’écoute des décideurs, le tout engendrant une pression croissante sur des agents qui si sentent impuissants. De plus, ils ne sont aucunement consultés quant à la création de protocoles qu’ils sont sensés respecter à la lettre au quotidien. « Ils sont noyés dans l’administratif », soupire Michel Baron, délégué CFDT. « Ils n’ont plus le temps d’être avec les gens, voilà pourquoi ils se mobilisent ». Il y a quelques mois déjà, l’ensemble des personnels avait, via une démarche intersyndicale, interpellé Eric Ciotti, président du Conseil Général, au sujet de protocoles jugés « lourds et contradictoires ». « Il s’agissait aussi de remettre en question les modes d’emplois », précise Michel. En effet, certains éducateurs se plaignent, par exemple, de ne pouvoir rencontrer au mieux qu’une fois tous les deux mois les enfants en difficulté dont ils s’occupent. Ils s’estiment donc « dépossédés de la relation ». La réponse du président était arrivée le 30 mars par courrier et, selon Michel Baron, « il n’avait visiblement rien entendu. La grève a été contrainte et forcée, (…) c’est l’expression d’un ras-le-bol. »

Entente cordiale ?

La grève a commencée à 8h avec distribution de tracts au programme. Une pétition a également circulé : elle a recueillie près de 500 signatures, soit la quasi-totalité des agents, non-grévistes inclus. « Tout le monde est solidaire », s’esclaffe Michel. Les grévistes se sont ensuite rendus au Conseil Général pour rencontrer les élus. Et le bilan est positif. « Nous on a fait le boulot de l’administration, relance Michel. Les syndicats ont répondu aux attentes, les institutions ne permettent plus de penser et de réfléchir. On a permis au personnel de s’exprimer. Les élus ont vu les difficultés et un groupe de travail est prévu, on sera là pour que ça serve. »

Guénolé Foultier


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