Retraites dorées
Entre retraites dorées et régimes spéciaux, où se cachent les vrais privilèges ? Un premier texte législatif en 2001 a obligé les entreprises à divulguer les salaires des patrons, c’est ainsi que tout le monde a pu savoir que le PDG de Carrefour, remercié pour mauvais résultats en février 2005, devrait toucher à la retraite 38 millions d’euros !
9 millions d’euros lui seront versés au titre des indemnités de départ, soit trois années de salaires. 29 autres millions d’euros viendront s’y ajouter au titre de compléments de retraite qui correspondent à 40% de son dernier salaire. 38 millions d’euros = 1000 fois le salaire d’une caissière du groupe = 2500 années de SMIC = 2533 fois la pension de 61,5 % de retraités cheminots (moins de 1500 euros brut / mois) qui sont censés « bénéficier » d’un régime spécial.
Dans la lignée des réformes, il y a eu de grandes agitations médiatiques autour de propositions pour abolir les régimes spéciaux, mais qu’en est-il de l’abolition des retraites dorées ??
Ces autres régimes spéciaux auxquels on ne touche pas !
Il faudra aussi interroger ceux-là même qui votent les lois, nos députés et sénateurs, qui, eux, ont des régimes spéciaux bien plus avantageux. En effet, à l’Assemblée nationale, les années de travail comptent double. Ainsi, un mandat de cinq ans est assimilé à dix années d’activité.
Et pour financer ce régime de retraite très favorable, les députés versent 20% de leur indemnité avec cependant 5% de prime par enfant. Pour peu que l’élu(e) ait six enfants, comme François Bayrou par exemple, faites les comptes.
Des chiffres qui révoltent :
Après un premier mandat de cinq ans, un député perçoit une retraite mensuelle de 1581 euros ; pour un sénateur (mandat de neuf ans), la retraite est de 2827 euros.
Après un deuxième mandat de 5 ans, il peut prétendre à une retraite mensuelle de 3162 euros et après un troisième à 4743 euros.
Dès lors, on conçoit aisément qu’ils n’envisagent pas d’arrêter trop tôt et qu’ils s’accrochent à leur fonction comme des tiques sur la bête (qui donc est la bête ?). Mais comme rien n’est trop beau, les députés peuvent cumuler leurs pensions avec celles provenant d’autres activités et autres mandats tels que maire, conseiller général ou régional, ministre...
Quant à ces derniers, ils ne sont pas moins bien lotis depuis l’augmentation de leur prestation de … 100% octroyée par l’assemblée nationale sur instruction de l’ex-premier Ministre Raffarin dès son arrivée au pouvoir. Les députés (dont ceux de droite comme certains de gauche qui ont accompagné depuis des années les politiques libérales de l’Etat et du patronat en votant des lois scélérates) ont bien plus de droits que les salariés du public ou du privé.
I had a dream
Alors, rêvons un peu. Un député peut prétendre à sa retraite à l’âge de 55 ans, un sénateur à l’âge de 53 ans, et a donc dès ce moment, des revenus suffisants pour vivre plus que convenablement participer aussi au trou de la sécurité sociale.
Alors suppression de TOUS les régimes spéciaux ? Chiche !