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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2090 - 12/10/2007 > Actualité > Le parcours du combattant pour scolariser la petite Enjie

Le parcours du combattant pour scolariser la petite Enjie

jeudi 11 octobre 2007, par Lidice Busot-Mozes / "le Patriote"

DRAP. Handicapée depuis sa naissance, Enjie a eu, l’an dernier, le feu vert de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour faire sa première rentrée scolaire en août 2007.

A quatre ans cette petite drapoise n’avait qu’une idée en tête : reprendre une activité scolaire. Sauf que, le jour tant attendu arrivé, on informe ses parents que l’auxiliaire de vie scolaire (AVS) prévue n’avait pas encore été embauchée. Grande déception pour ceux-ci qui ont dû s’engager dans un parcours du combattant de plus d’un mois.

Jeudi dernier de nombreux habitants du village se sont réunis face à l’école communale afin de soutenir Enjie. Selon Luc Capot, le père, il s’agissait « d’attirer l’attention des institutions concernées afin de trouver une solution, non seulement pour sa fille mais pour tous les autres enfants et familles qui attendent ». Une pétition lancée quelques jours auparavant avait recueilli près de 300 signatures et une lettre avait été adressée au président de la République.

Selon Georges Alzina, inspecteur de l’éducation nationale, chargé de la scolarisation des élèves handicapés, « le problème du manque d’AVS est plus palpable dans le haut et moyen pays niçois ». Les candidatures ont été lancées pendant l’été mais le recrutement serait un peu long. En effet, les auditions seraient rigoureuses et les candidats ne se bousculent pas dans cette partie du département. Il est vrai aussi que les contrats proposés sont précaires et que la tâche à accomplir requiert beaucoup de responsabilité.

Beaucoup de responsabilité et peu de qualification ?

Betty, AVS dans une école primaire de Nice, est préoccupée par ce dernier élément. Elle a été embauchée il y a un an. Sans aucun diplôme, elle comptait sur son bon sens de mère de famille pour commencer et ensuite entamer la formation proposée. Mais son constat est décevant : pas plus que 6 heures de formation en moyenne prévues par mois !

D’après Thierry Lemaître, directeur de l’école maternelle Nikaïa à Nice « il serait préférable de proposer aux AVS une formation au préalable mais il faut également trouver rapidement une solution à la scolarisation de ces enfants. La solution intermédiaire serait alors de proposer une solide formation aux AVS, une formation performante et, par là même, motivante ». Car, en effet, les handicaps de certains enfants accueillis sont très spécifiques. « Parfois nous pouvons nous retrouver face à des enfants qui ont des problèmes de comportement et en cas de crise il faut être capable de bien appréhender la conduite à tenir face à une situation qui nous échappe », explique-t-il.

Le Patriote avait d’ailleurs alerté ses lecteurs dans un dossier intitulé « Handicap : Un parcours de vie encore difficile », paru le 21 septembre dernier, au sujet des effets d’annonce de l’été de la part du ministre de l’Education Nationale.

A l’inspection académique on compte trouver une solution dans les plus brefs délais pour les 100 enfants manquant d’AVS dans le département. Quant à la formation, il a été décidé de faire appel aux compétences des associations en la matière. Au niveau national une convention a été signée il y a quelques jours avec huit d’entre elles.

A Drap, la petite Enjie a pu enfin faire sa rentrée vendredi dernier. Une rentrée, certes, en retard de plus d’un mois mais avec une émotion flagrante. Ses parents, soulagés, sont très touchés et reconnaissants de la mobilisation générale qui a permis « de faire bouger les choses ». Grâce au soutien actif de la FCPE, du maire de la commune Marc Morini, de Francis Tujague, conseiller général du canton qui sont intervenus auprès de l’Inspection Académique , et la mobilisation de nombreux habitants du village, une solution a été trouvée afin de scolariser Enjie. Pour l’instant ce ne sont que 12 heures par semaine : cela sera leur prochain combat.

Une chose est certaine aujourd’hui, le dispositif des AVS a des failles redoutables mais sur le terrain, parents, instituteurs et élèves témoignent au quotidien d’une grande sensibilité et surtout d’une solidarité à toute épreuve.

Lidice MOZES


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