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MUNICIPALES A NICE
vendredi 23 novembre 2007 / "le Patriote"
Il suffit de tenir un point de rencontre à Nice pour entendre les difficultés de vie qui s’accroissent pour nombre de familles. La vie chère, les loyers, la difficulté d’accéder à des services de proximité à un coût abordable, l’angoisse du logement introuvable… Il y a urgence. Souffrances qui ne sont pas qu’économiques.
Cette urgence de « vivre mieux » en croise une autre, politique celle-là. Au travers la candidature d’Estrosi, une entreprise d’envergure est en cours pour réunifier les différentes factions de la droite, au prix du sacrifice d’un Peyrat trop démonétisé, et ainsi pérenniser et aggraver une mainmise des milieux d’affaires sur la vie de la cité.
Face aux divisions qui ont agité depuis septembre le Parti socialiste, et la déclaration unilatérale de candidature de Patrick Mottard qui a mis tous ses partenaires de Nice Plurielle devant le fait accompli, les communistes n’ont eu de cesse d’appeler au rassemblement, à la raison, à l’essentiel (1).
L’essentiel, c’est que pour mieux défendre les habitants de la cité comme pour dessiner et ouvrir une vraie alternative, les Niçoises et les Niçois ont besoin d’une liste de large rassemblement ancrée à gauche. La vitalité de l’opposition au conseil municipal de Nice, comme l’activité propre des élus communistes dans des communes comme Nice, Cagnes ou La Trinité, dans cette mandature qui s’achève, en témoigne. Plusieurs échanges ont eu lieu avec le Parti socialiste, comme avec d’autres organisations politiques. Ces discussions à la fois départementales et locales, n’ont rien masquées des divergences qui demeurent, ainsi, par exemple, de la situation crée par le comportement du PS sur le canton de Carros. Elles n’ont pas cherché non plus à taire les différences de point de vue qui existent à gauche sur des questions fortes comme, par exemple, l’appréciation différente que chacun porte sur le nouveau Traité européen et le contenu de la politique nationale et européenne à engager pour répondre aux besoins sociaux. La gauche est aujourd’hui traversée par des débats profonds, aux enjeux essentiels, et un accord politique pour ces échéances municipales ne les élude pas. Mais ces questions, qui forcement prendront du temps pour être surmontées à gauche ne dispensent pas de savoir répondre aux urgences et aux besoins de la population pour ces échéances municipales.
De même qu’il n’a pas paru responsable aux communistes niçois de prendre prétexte de la division du PS niçois pour « rajouter de la division à la division » en cherchant à constituer une « troisième liste » soi-disant « à la gauche de la gauche ».
Les accords intervenus permettent de concrétiser des listes de large rassemblement à Cagnes, Saint-Laurent, Nice et La Trinité. A l’échelle de la CANCA, ce « mastodonte antidémocratique », c’est une nouvelle positive.
A Nice, il y a à la fois accord sur de premiers axes de contenus, par exemple sur la priorité à accorder au logement, ainsi que sur une méthode collective et participative pour élaborer ce qui devra devenir le projet municipal, sur le « périmètre politique » de la liste, ouverte à toutes les composantes de la gauche et à des personnalités de la vie économique, associative ou syndicale, la conduite de la liste par Patrick Allemand pour le parti socialiste, la représentation pluraliste de la gauche sur la liste et notamment de la composante communiste, l’expression collective comme la parole propre à chaque sensibilité du rassemblement.
Après ce premier pas qui amorce un mouvement, une dynamique doit s’engager et s’élargir. C’est en rendant plus collectif, pluraliste et participatif ce rassemblement que la gauche pourra répondre à l’attente des Niçois.
Jean Paul DUPARC
——— (1) Voir les numéros 2095 et 2093 du « Patriote ».