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samedi 15 décembre 2007 / "le Patriote"
C’est par un hommage à Victor Hugo et Giuseppe Garibaldi, deux grands contemporains de Napoléon III qui se sont élevés contre sa dictature, que la liste « Changer d’ère » a répondu au voyage de Christian Estrosi en Angleterre (2), à la tête d’une délégation du Conseil général, pour rendre hommage à Napoléon III, « un homme qui a bafoué la République par un coup d’Etat avant de se faire empereur (…) et dont le règne fut synonyme de pouvoir absolu, de presse et d’intellectuels muselés, d’opposition réduite à sa plus simple expression par des simulacres d’élections ».
« Rendre hommage à un personnage historique aussi controversé pose interrogation », estime Patrick Allemand. « En cette journée […] des droits de l’Homme, [c’est] une initiative très déplacée ». Loin de la décision de Christian Estrosi d’honorer un homme considéré par les historiens comme un dictateur, la gauche niçoise a clairement choisi son camp : celui de Garibaldi et d’Hugo, grands défenseurs des valeurs de la République et de la liberté.
C. P.
——— (1) La liste conduite par Patrick Allemand (PS) affiche aujourd’hui la participation du PCF, des Verts, du MRC et de membres sortants de « Nice Plurielle ».
(2) voir l’article de Marius Papi dans notre édition du 30 novembre.
Légende
Sophie Duez et d’autres acteurs ont lu des textes de Victor Hugo devant les portraits de l’écrivain et de Giuseppe Garibaldi, en présence de candidat(e)s de toutes les sensibilités de la liste.
Encadré
Le MIN suspendu
Les salariés du Marché d’intérêt national ne doivent pas payer les pots cassés de la guerre des « égos » à droite. La Sominice, société délégataire du service public de gestion du MIN (Marché d’intérêt national), est présidée par Joseph Calza, conseiller municipal UMP et vice-président du conseil général. Jacques Peyrat a décidé de mettre fin à ses fonctions en raison de son soutien à la candidature de Ch. Estrosi, et surtout parce qu’il a contribué à le mettre en minorité lors du dernier conseil municipal (voir notre édition du 7 décembre).
Selon l’ensemble des organisations professionnelles du MIN, venues soutenir J. Calza, vendredi dernier, face à la presse, « la destitution d’un président actif et fort d’un bilan très positif sur ses six ans de mandat risque de se solder par des problèmes à très court terme pour le MIN et pour les familles qui travaillent ici… ».
Décidément, la droite (et ici ses divisions) n’a pas fini de faire obstacle à une économie niçoise rationnelle, solidaire et respectueuse des droits des travailleurs. La ville aurait mérité mieux !…
E. G.
DRAP
Le Parti communiste boudé par les socialistes
Y aura-t-il alliance entre PC et PS pour les municipales cannoises de mars prochain ? La réponse vient du Parti socialiste : Non. L’alliance aurait pu permettre de reconduire les deux élus de la gauche : Claude Meyffret (conseiller municipal communiste) et Apolline Crapiz (conseillère municipale socialiste) au conseil municipal. Au lieu de cela, chaque parti présentera ses candidats de son propre côté.
Le pari des socialistes est de gagner par eux-mêmes davantage de sièges que lors des élections de 2002. A cette époque, il avait fallu une large alliance de la gauche pour gagner deux sièges au conseil municipal de Cannes. Connaissant le rapport de force qui joue en sa défaveur, le Parti communiste engagera donc sa propre bataille politique. Un rapprochement entre le PC, la LCR et des mouvances associatives de droit des citoyens sur la ville de Cannes est dans le domaine du possible.
La base d’une proposition d’accord avec le PS, acceptée par l’assemblée générale communiste, avalisait la reconduction des deux élus sortants. C’est à la lumière des résultats des élections législatives et présidentielles de cette année que chacun a pris position. Claude Meyffret rappelle alors que ce n’est que lorsque l’ouverture était la plus large que la gauche avait un nombre sensible d’élus. Il analyse ce refus comme « un fait dommageable pour toute la gauche. Il s’agit d’un repli partisan des socialistes ». A défaut, le Parti communiste livrera bataille sans l’entrave de « grandes orientations » qui auraient accompagné une alliance.
« Nous appuierons particulièrement sur la question du logement et de l’interdiction des expulsions. Nous soutiendrons le projet d’une Régie municipale de l’eau (plutôt qu’une délégation de service public), et une autre pour les transports cannois. » Les lignes directrices devraient être précisées dans le courant du mois de janvier.
Rémi DUPLAN Encadré
David Lisnard, maire-adjoint à Cannes, attaque le droit du travail
« Le droit du travail nous pénalise vis-à-vis des concurrents étrangers. C’est un des boulets français au développement économique… », s’est exprimé David Lisnard, président du palais des Festivals et des Congrès et maire adjoint au développement économique à Cannes, lors de la présentation du plan d’action commercial dudit palais.
Cette attaque frontale d’un des droits fondamentaux de notre société est d’autant plus inquiétante qu’on le prétend successeur de Bernard Brochant à la mairie. La dérive libérale s’affirme de plus en plus flagrante et décomplexée.
ANTIBES
Le logement au cœur des préoccupations
Denis La Spesa, conseiller municipal communiste est intervenu sur l’habitat (bilan 2004-2007, perspectives 2008), au conseil municipal du 30 novembre dernier. Extraits.
« Je rappelle que le seul revenu pour la taxe sur les droits de mutation de la commune d’Antibes a rapporté en 2006 près de 9 millions d’euros. Cela relativise l’« effort ». (….) Mais prenons votre objectif :
« Trois années à trois cents logements. Où sont-ils ? Même avec ce rythme virtuel, la CASA ne respectera la loi SRU de 20 % de logements sociaux que dans… trente-cinq ans !
« En réalité, pour atteindre sur vingt ans (à partir de 2005) ces 20 % il faut 478 logements sociaux par an (….).
« Trois mille demandes en 2002. Peut-être pourriez-vous nous dire combien de familles sont éligibles au logement social aujourd’hui ? (…) Confirmez-vous que les familles consacrent 40 % à 50 % de leurs revenus au loyer ?
« Par exemple, nous sommes repassés sous la barre des 6 % de logements sociaux (5,8 %), tout simplement parce que la spéculation foncière a continué de sévir et d’accaparer les terrains ici à Antibes, alors que vous avez le droit de préemption sur l’ensemble de la commune.
« Cette spéculation immobilière apparaît bien dans l’origine des clients, 80 % du marché est pris par des personnes extérieures. (…)
« Quelles communes ont signé avec la CASA une convention bilatérale ?
« Quels bailleurs sociaux ont signé avec la CASA une convention d’application ?
« Pourquoi le forum de l’habitat ne s’est toujours pas réuni ?
« Pour conclure, trente-quatre appartements en accession à la propriété sociale ont été annoncés à grand renfort de publicité, mais les plafonds de ressources annoncés transcrits en revenus mensuels donnent pour accéder à un 2-pièces 2.000 E par mois ; pour un 3-pièces 4.000 E ; pour un 4-pièces 6.000 E ! Cela élimine, de fait, la quasi totalité de la population ! »
Propos recueillis par Emmanuelle GAZIELLO