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vendredi 15 février 2008, par Lidice Busot-Mozes / "le Patriote"
« Le temps du carnaval de Nice, toutes les folies sont permises », selon Bernard Morel, directeur de l’Office de Tourisme et des Congrès de Nice, organisateur du carnaval. Ainsi, le « Roi des Ratapignatas, Raminagrobis et autres ramassis de Rats masqués », devrait offrir au million de spectateurs attendu une esquisse de la riche culture niçoise. Du 16 février au 2 mars 2008 le ton est donné : la consonance en « ra » annonce l’année chinoise du Rat mais aussi de forts symboles de l’identité nissarta.
Avec un budget de 5 millions d’euros, financé notamment par la ville, le thème a été soigneusement choisi. On n’aura donc pas droit aux moqueries des hommes politiques qui nous représentent lors des élections municipales. Prudence ? « Non, juste que le thème est choisi un an à l’avance et c’était difficile de prévoir qui seraient les candidats », explique le directeur de l’office.
Les animations se multiplient. Le jardin Albert 1er deviendra, encore une fois, une zone d’animation ludique ouverte tous les jours avec des manifestations gratuites, de 11h à 17h30. On retrouvera le célèbre Guignol, des maquilleurs et les cerfs-volants accompagnés d’effets sonores conçus par Nasser, spécialiste mondial venu d’Afghanistan. Plus de 1.500 personnes sont mobilisées autour de la sortie de Sa Majesté Carnaval. Les Ymagiers du monde entier - dessinateurs de la presse internationale - ont travaillé le thème. Inde, Luxembourg, Pays Bas, Japon, Russie, Etats-Unis, Italie et Grande Bretagne, les dessinateurs proviennent des quatre coins du monde. La bande-son est travaillée spécifiquement pour les corsi avec comme référence de départ l’improvisation maîtrisée. « Mélange de tradition et de modernité », comme le souligne Gad Weil, le directeur artistique. La bande fusionne Strauss et la musique du film de Batman, les deux mettant en valeur « la chauve souris ». Un DJ sera présent lors des défilés et assurera l’improvisation selon les passages des chars.
Cette édition met l’accent sur la créativité des amateurs qui rivalisent avec les professionnels et offrent des prestations de grande qualité. « Huit associations niçoises mélangent les milieux sociaux, les styles, les âges et tout cela est une richesse considérable pour nous », ajoute Gad Weil.
Pour la première fois, la CANCA participe au carnaval par le biais du tri sélectif. Dans le cadre du carnaval des écoles, 1000 enfants du pays niçois vont accompagner l’incinération du Roi, vêtus de costumes dont la création est issue du recyclage et élaborés lors d’ateliers éducatifs animés par Kristian, Ymagier du carnaval.
Expositions, conférences, animations, retrouvez toutes les informations sur le site internet du carnaval de Nice (www.nicecarnaval.com).
Coté restaurateurs, hôteliers et commerçants, tout est prêt pour recevoir les cars de touristes tant attendus. D’après Michel Tshann, président du syndicat des hôteliers, le carnaval permet à beaucoup d’hôteliers de pouvoir rester ouverts pendant une saison, qu’il qualifie de morose. D’ores et déjà, la plupart des hôtels à Nice –notamment les 2 et 3 étoiles - affichent complets. En revanche, un petit regret : « nous devons travailler pour essayer d’attirer une clientèle qui vienne sur les hôtels plus étoilés », explique-t-il.
Pour l’heure, des cars de différentes villes du monde entier comptent bel et bien envahir la Côte pendant ces quinze jours. 60% des touristes attendus seraient des Français venus du nord. Le reste, ce sont des touristes japonais, belges, allemands, luxembourgeois et bien sûr, italiens. Ils profiteront par la même occasion de la Fête du Citron à Menton.
Le roi sera brûlé le 2 mars prochain. Selon la tradition, Sa Majesté Carnaval défilera accompagnée des enfants, avant d’être incinéré sur un bûcher en mer. Un beau feu d’artifice sonorisé illuminera la Baie des Anges. Une façon de fêter aussi le départ du directeur de l’Office de Tourisme Bernard Morel qui envisage de prendre sa retraite. « Il ne faut jamais dire jamais, mais une chose est sure : on me regrettera », ironise-t-il en riant.
Le carnaval nous réserve bien des surprises. Gad Weil crée les suspens : « Il y aura peut être un gigantesque Babaou », lâche-t-il amusé. Ce monstre sorti des légendes du pays niçois, source privilégiée d’inspiration chez les carnavaliers, pourrait, en effet, réapparaître… Mais… « Chut, c’est une surprise ! »
Lidice MOZES
Ratapignata : chauve-souris dans le bestiaire niçois, elle est le symbole inversé de l’aigle héraldique niçois, exprimant la face cachée de l’identité du comté.
Raminagrobis : nom que la Fontaine reprend à Rabelais et qu’il donne au gros chat de la fable « le chat, la belette et le petit lapin »