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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2109 - du 22/02/2008 > Mouvement > Quelle éthique pour les enfants surdoués ?

Quelle éthique pour les enfants surdoués ?

vendredi 22 février 2008 / "le Patriote"

Daniel Moatti Chercheur associé au Laboratoire d’Anthropologie Mémoire, Identité et Cognitions sociale

Le 5 octobre, lors du festival du livre de Mouans-Sartoux, j’ai longuement discuté avec Monique Binda, coauteur de l’ouvrage intitulé « Comment accompagner les enfants intellectuellement précoces », avec André Giordan. Présidente de l’Association Nationale pour les Enfants Intellectuellement Précoces , l’auteur livre les réflexions et les expériences accumulées durant des années d’engagement. Comme beaucoup d’enseignants, lorsque j’entendais parler d’« enfants surdoués », je pensais à des élèves poussés par les parents dans une logique scolaire hypertrophiée. Cependant, ce raisonnement ne correspond pas à la réalité. Si la situation décrite ci-dessus subsiste dans bien des cas, il reste une frange d’enfants effectivement surdoués ou plus justement intellectuellement précoces. D’après les statistiques, ces enfants représentent entre 2% et 5% des enfants scolarisés. Le psychologue, Jean-Charles Terrassier, affirme qu’un enfant par classe serait surdoué.

Le premier problème posé reste la reconnaissance de la précocité. Quels sont, en effet, les symptômes apparents de l’enfant intellectuellement précoce ? Pour André Giordan, ces élèves sont surdoués d’un point de vue logique et dans tous les domaines de l’abstraction. Ils présenteront donc une très grande capacité à répondre aux tests de coefficient intellectuel avec deux, voire trois ans d’avance. Cependant, une seconde caractéristique apparaît, ils sont malhabiles de leurs mains et de leur corps. Le geste est lent, mais le cerveau rapide. Ces enfants sont en dehors les normes utilisées par l’Education nationale. En classe, ils s’ennuient, les programmes ne correspondant pas à leur âge mental, mais les placer dans les classes supérieures, c’est les mettre au contact d’enfants ayant plusieurs années de plus qu’eux et peut-être plus matures émotionnellement. Ainsi s’explique un mal-vivre à l’école, des relations très distendues, inexistantes ou hostiles avec leurs camarades de classe et même, en fin de compte, l’échec scolaire pour la majorité d’entre eux. Jean-Charles Terrassier met en cause dans ces parcours souvent chaotiques la « dyssynchronie ». C’est-à-dire que l’enfant surdoué intellectuellement se trouve en difficulté avec lui-même et avec son entourage. Fragilisé, il est victime d’angoisses et de troubles du sommeil.

Longtemps ignoré, le problème a été pris en compte par l’Education nationale en 1987 par la création de quatre classes expérimentales. Puis cette expérience a été rapidement abandonnée et c’est une structure privée qui a pris la relève à Nice et a fait ensuite école dans d’autres villes.

Parallèlement, de nombreux enseignants, conscients des problèmes posés, demandaient le passage de ces écoliers dans une classe supérieure. Enfin, depuis la loi d’orientation pour l’avenir de l’école de mai 2005, l’enfant surdoué doit être reconnu et pris en charge par le système scolaire public. C’est le sens de la circulaire du 17 octobre 2007 intitulée « Parcours scolaire des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières à l’école et au collège ». Ces textes proposent des accueils adaptés, une détection précoce, l’information des parents ainsi que la formation des enseignants . En cas de difficultés, il faut prendre contact avec l’Inspection académique pour les écoliers et les collégiens et le Rectorat pour les lycéens les plus proches du domicile. Notons que les enseignants sont de plus en plus sollicités. Leurs tâches augmentent sans cesse, informatique, Internet, enfants handicapés, enfants intellectuellement précoces. Quels moyens financiers et humains peuvent être mis à leur disposition pour accomplir ces nouvelles missions ?

La France n’est pas le seul pays développé en difficulté face à ce problème. Selon un témoignage, aux Pays-bas, la prise en charge de certains enfants précoces se passe dans de très mauvaises conditions . Aux Etats-Unis, en Israël et en Chine les enfants surdoués sont réunis en classes particulières participant ainsi le plus rapidement possible au développement scientifique et technologique de ces pays.

Comme pour les enfants handicapés, la réponse n’est pas simple, maintien en milieu ordinaire ou mise en place dans des structures adaptées ? Développement personnel harmonieux ou mise au service rapide des institutions scientifiques ? Nous sommes réellement confrontés à un problème de moyens et d’éthique.

2 Messages de forum

  • Quelle éthique pour les enfants surdoués ?

    26 février 2008 22:09, par CULTURALESSAI

    posté par CULTURALESSAI, 81 ans L’enfant qui est plus intelligent que ceux de son âge et que les adultes qui l’entourent ne présente pas forcément une vélocité intellectuelle favorisant sa scolarité. Le discernement de ces enfants qui leur vient d’une logique rapide et d’une imagination féconde n’en fait pas forcément des élèves assimilant bien les rudiments scolaires. On oublie aussi trop de mesurer la capacité de la mémoire qui fait souvent des élèves et des adultes apparemment brillants mais ni inventifs ni capables d’élaborer une pensée étendue et cohérente.

    Comme on reconnaît mieux en l’autre ce qu’on est soi-même, beaucoup, qui sont conscients d’être au dessus de la moyenne, ne comprennent pas les intelligences supérieures et les prennent pour inférieures à la leur seulement au dessus de la moyenne.

    Nombreux sont ceux qui avouent avoir été marginalisés pendant toute leur vie par la supériorité de leurs jugements. Ce dont souffre davantage l’enfant qui se sent différent sans savoir pourquoi.

    Il est possible que le Q.I. verbal ne soit pas bien reconnu et qu’on le mesure mal chez l’enfant alors que l’intelligence dite mécanique, apparemment plus performante, soit mieux prise en considération.

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    • Quelle éthique pour les enfants surdoués ? 30 juin 2008 15:43, par ctroptop
      bonjour ce que vous dîtes est vrai. Mon fils de 4 ans s’ennuie à l’école et quand il a fini sont travail il corrige (en douce )le tavail de ses camarades.Au lieu de le maintenir dans une concentration constante pour l’occuper sa maîtresse le blâme et le met eu coin. C’est un enfant inventif qui pose des questions tout le temps.j’avoue que cela peut être pénible mais quand on lui donne une réponse cohérente il construit alors une reflexion qui va au dela de ce que l’on admet couramment pour un enfant de son âge. Par exemple :pourquoi on meurt ? je répond par ce que tout à une fin.Queques jours plus tard il me dit "mais le pissenlit il meurt aussi" "OUI tout à fait" est ma réponse, alors Virgile me dit ;"Donc on meurt pour faire de la terre pour nourrir les plantes". Que voulez-vous répondre à cela si ce n’est : OUi mon fils tu as raison ! Mais cette façon de penser n’est pas admise surtout pas dans la bouche d’un petit enfant.

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