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vendredi 7 mars 2008 / "le Patriote"
Plus de prévention. C’est la principale revendication de toutes les associations de défense des droits des femmes concernant les violences conjugales. Car les lois qui sont régulièrement examinées par le gouvernement se contentent de renforcer l’après plutôt que de mettre l’accent sur l’avant. Or, on le sait, « la peur de la répression n’a jamais arrêté les auteurs de violences. Elle peut au mieux diminuer celles-ci, mais elle ne les arrêtera pas. Le problème de l’éducation est donc fondamental. » C’est l’opinion de Martine Billard, député parisienne et membre des Verts, qui insiste : « il est nécessaire de donner des moyens aux associations qui aident ces femmes en menant une action de prévention et de formation. » Car le manque de moyens, financiers et logistiques, a toujours été un problème en ce qui concerne les violences familiales.
Entre méconnaissance du phénomène (beaucoup pensent qu’il ne s’agit que d’agressions physiques, alors que les pressions psychologiques peuvent être tout aussi ravageuses) et lacunes dans la prévention, pas étonnant qu’une femme sur 10 en France soit victime de violences conjugales sans oser réagir. La loi de 2006 représentait déjà un progrès au niveau de l’éducation de la population, mais ce n’est pas suffisant. Le Collectif national pour le Droit des femmes a rédigé une proposition de loi-cadre, déposée en novembre dernier sur le bureau de l’Assemblée par le groupe de la gauche démocratique et républicaine. "Femmes et Communistes" se fait le porte-parole de toutes les associations féministes pour lancer une pétition afin que cette proposition soit inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée et du Sénat.
Un plan voté le 17 novembre 2007 regroupe douze objectifs à atteindre pour la période 2008-2010 afin de lutter contre les violences faites aux femmes. Enfin, ils représentent un pas dans la bonne direction puisqu’ils se concentrent davantage sur la connaissance du phénomène et sur la prévention, insistant sur un point qui est mis en avant depuis longtemps par les associations luttant dans ce sens : le respect de l’image de la femme dans les médias. Eviter les publicités sexistes qui se servent de la nudité pour vendre n’importe quoi est un premier pas à accomplir dans ce combat. Ce plan renforce également l’accompagnement et la protection des femmes aussi bien que des enfants. Pour plus d’efficacité dans ce domaine, la coordination entre les différentes associations et les centres d’accueil doit s’améliorer, pour qu’une femme victime de violences ne soit pas renvoyée comme une balle de ping-pong entre l’hébergement d’un côté et les aides juridiques et psychologiques de l’autre. En résumé, ce plan sur trois ans, c’est « mesurer pour briser les tabous, prévenir ces violences inacceptables, coordonner tous les acteurs et relais de l’action, protéger les femmes victimes en tous points du territoire. »
Séverine DEGALLAIX