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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2118- 25/04/2008 > Très cher soleil > L’addition, s’il vous plaît !

L’addition, s’il vous plaît !

vendredi 25 avril 2008 / "le Patriote"

On le sait, des comparaisons entre les diverses régions de l’hexagone mettent généralement en évidence de grandes disparités en ce qui concerne le pouvoir d’achat et l’inflation. Pas de surprise de ce côté-là : en 2008, le pourtour méditerranéen est toujours un cauchemar pour le portefeuille des consommateurs.

Nice est l’une des villes les plus chères du pays. Dans l’ensemble, la Côte d’Azur fait partie de ces endroits où il fait particulièrement bon vivre… à condition d’en avoir les moyens. Une enquête publiée par LSA a prouvé – quelle surprise ! – que les produits de consommation courante se vendent à des prix beaucoup plus élevés ici que dans d’autres villes de France : dans un classement comprenant 126 agglomérations, Nice se retrouve en 5ème position des villes les plus chères, Hyères en 3ème, Antibes Juan-les-Pins en 11ème et Cannes en 40ème. Le département des Alpes-Maritimes est l’un des plus onéreux de l’hexagone, largement devant la région parisienne : la capitale française occupe le 13ème rang de ce classement. Il semblerait que la vie dans les régions du nord soit moins déprimante pour les carnets de chèques : tout en bas de la liste, on trouve par exemple le Pas-de-Calais ou les Ardennes. Un caddie remplis de produits alimentaires de base (lait, pain…) que le client d’un supermarché paie 92 euros à Charleville-Mézières lui revient, dans le 06, à 103 euros. L’enquête a été réalisée dans 5000 grandes surfaces, sur une large gamme de plus de 20000 produits. Résultat : on voit se développer de plus en plus de magasins hard discount (ou maxi-discompte), malgré la méfiance qu’ils ont inspirée chez les consommateurs au cours des quelques années qui ont suivi leur apparition. Aujourd’hui, ils semblent avoir fait leurs preuves et on ne leur reproche que rarement une qualité moindre que dans les autres grandes surfaces. On trouve plus de 4000 magasins de ce genre en France (une quarantaine dans les Alpes-Maritimes), ils raflent près de 14% des parts du marché de l’alimentaire. Un cinquième des ménages à bas revenus a décidé de faire ses courses là-bas.

Le magazine de la distribution et de la grande consommation qui a effectué les recherches s’est aussi intéressé à la hausse des prix. Histoire d’enfoncer le clou, on ne peut que constater que la situation n’est pas en phase d’amélioration. 16ème ville la plus inflationniste, la capitale azuréenne voit l’addition enfler presque à vue d’œil. Située entre 2,4 et 2,7% selon les villes, l’inflation dans les Alpes-Maritimes est légèrement supérieure à la moyenne nationale, et en tout cas beaucoup plus élevée que celle de Paris ou de Mulhouse qui n’affichent ‘que’ 2%.

Et le reste ?

Les chiffres font déjà peur… alors qu’ils ne sont probablement pas exacts et qu’ils sous-estiment nettement le phénomène de l’inflation. Car l’enquête de LSA s’est concentrée principalement sur l’alimentaire et l’hygiène en laissant de côté les estimations de dépenses particulièrement importantes puisqu’inévitables : les dépenses contraintes. Loyer, eau, gaz, assurances obligatoires et électricité ont vu leur part dans le budget d’un ménage français moyen augmenter de façon dramatique ces dernières années : elle est passée de 50 à 75% en cinq ans, faisant logiquement diminuer la part de ce que les instituts de mesure du pouvoir d’achat appellent le « revenu libéré », qui comprend les autres dépenses. Les loisirs surtout sont touchés, puisque ce sont les seuls ‘extras’ à être réellement compressibles : pour les foyers les plus modestes aux budgets très serrés, ils peuvent même aller jusqu’à disparaître purement et simplement.

Séverine DEGALLAIX


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