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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2122 - 23/05/08 > Evénement > Rappel historique

Rappel historique

vendredi 23 mai 2008 / "le Patriote"


En quelque sorte, tout a commencé avec le premier congrès sioniste ou plutôt avec la publication, en 1896, de « l’Etat juif », par Theodor Herzel. Il y affirme l’existence d’une nation juive, et pas seulement une appartenance religieuse, il y détaille la création d’un Etat juif mais, c’est important, sans en préciser le lieu. Le génocide nazi renforcera cette tendance d’une similarité entre le juif de France et celui de Pologne, même si le premier est dans une phase d’assimilation alors que le second est cantonné dans un ghetto.

Ce n’est que par la suite que la Palestine deviendra le but avoué de la colonisation juive, considéré comme « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », bien que les chefs sionistes savaient pertinemment qu’une communauté arabe palestinienne y vivait. D’ailleurs, en 1901 est créé le Fonds national juif, chargé d’acquérir des terres en Palestine pour l’Organisation sioniste mondiale. De stratégie habile en manœuvres internationales, le mouvement sioniste – pas particulièrement bien reçu dans les communautés juives d’Europe à ses débuts – arrache sans problème la déclaration Balfour (du nom du secrétaire au Foreign office britannique) en novembre 1917 qui parle explicitement d’un « foyer national juif en Palestine ». Ce qui, selon l’historien israélien Ilan Pappe, « a ouvert la porte au conflit sans fin qui finirait par engloutir le pays et sa population ». Après la première guerre mondiale, la Palestine est sous mandat britannique. Au cours de cette période, l’immigration juive progresse, passant de moins de 6% en 1918 à 16% en 1928 ! En 1939, le dirigeant sioniste Jabotinsky explique : « Les Arabes doivent laisser la place aux Juifs en Eretz Israël ».

On connaît la suite. Le plan de partage de l’Onu, particulièrement injuste puisqu’il donnait 55% de la Palestine historique aux Juifs minoritaires, est refusé par les Palestiniens. Ces derniers font les frais de la mauvaise conscience européenne qui règle sur leur dos le génocide juif perpétré par les Nazis. A l’issue des guerres qui s’ensuivirent, Israël prend 79% de la Palestine historique dont Jérusalem-ouest alors que la ville devait être sous administration internationale. En 1967, Israël accapare tout, y compris le Sinaï égyptien, le Golan syrien, Jérusalem-est, Gaza et la Cisjordanie. De guerre en guerre, rien n’est réglé. Et lorsqu’une issue semble possible – comme les accords d’Oslo en 1993 – elle est vite obstruée. Or, qu’y a-t-il de pire que des espoirs brisés ? Les Israéliens commémorent donc les 60 ans d’existence de leur Etat. Les Palestiniens, qui ne demandent plus la création du leur que sur 22% de la Palestine historique, attendent toujours et se souviennent dans la douleur de la Nakba, la catastrophe, y compris les 20% vivant actuellement en Israël, qui représentent ce qu’on appelle les Arabes israéliens et subissent une insupportable discrimination. Sans parler du bilan de l’occupation : des milliers de morts, le blocus des villes et des villages palestiniens, et l’espoir de paix qui s’éloigne.

George W. Bush vient de quitter la région après avoir redit à la face du monde son soutien indéfectible à Israël sans avoir apporter la moindre pierre à l’édification d’un Etat palestinien viable, dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-est comme capitale et dans le cadre d’un règlement du droit au retour des réfugiés. Comme le rappelait Jacques Fath, responsable international du PCF, dans « l’Humanité » du 19 mai, il faut « construire un rassemblement de solidarité le plus large possible ».

Pierre Barbancey


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