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mercredi 24 septembre 2008 / "le Patriote"
C’est dans l’atelier où Matisse créa la Danse pour le Dc Barnes en 1931 que Claude Viallat expose ses œuvres jusqu’au 18 octobre. Mais ce n’est pas seulement dans ce bel atelier Soardi, c’est aussi à la galerie Catherine Issert à Saint Paul de Vence. En 1975, Catherine Issert ouvre sa galerie et lie complicité avec Claude Viallat. Elle a depuis rendu régulièrement compte de l’évolution de l’artiste. C’est donc naturellement que la galerie montre depuis le 5 septembre dernier ses dernières œuvres et c’est encore naturellement qu’elle propose à l’Atelier Soardi d’accueillir, lui aussi, un choix d’œuvres. Qu’il soit dans cet atelier est un clin d’œil à Matisse. Viallat considéré aujourd’hui comme un des plus grands coloristes de l’art contemporain occidental n’a cessé de lui rendre hommage et de revendiquer son influence.
De grandes bâches accrochées au mur, des toiles de tente, des voiles de planche à voile, de grands morceaux de tissus, sur lesquels des formes de haricots colorés se reproduisent de manière « colori-mécanique ». Car l’art de Claude Viallat mêle les formes conceptuelles abstraites avec un jeu de couleur qui dépasse son principe même. Cela ressemble parfois à du pop-art mais ce ne sont plus les objets de consommation courante qui sont reproduits mécaniquement, ce seraient les couleurs ou « une forme simple fonctionnant comme un logo ».
Claude Viallat est à la naissance de support-surfaces dont la théorie oppose travail à art ou création artistique. Et depuis 1966, il travaille donc sur des supports de toile libre et ne veut plus que ses œuvres soient enfermées dans un châssis. Il prend ainsi ses libertés par rapport à la création et crée un propre univers jamais assujetti à une quelconque mode de pensée intellectuelle. Ce qu’il crée est brut car c’est aussi la matière du support qui en donne la forme. Suivant le tissage, la texture du matériau utilisé, le rendu des couleurs sera différent. Ses œuvres sautent alors aux yeux. Sans cadre, elles sont libres sur les murs blancs où ses couleurs somptueuses font plonger l’espace environnant dans un univers à part. L’impression est grande. Aspirant et respirant le support, la surface et le visiteur.
Julien Camy
Exposition jusqu’au 18 octobre Atelier Soardi, 8 rue Désiré Niel à Nice Galerie Catherine Issert, 2 route des Serre, 06570 Saint-Paul