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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2153 - 26/12/2008 > Le ciel

Science

Le ciel

mardi 23 décembre 2008 / "le Patriote"


Par Jean-Louis Heudier Observatorium – Observatoire de la Côte d’Azur

Solstice d’hiver

C’est dans le ciel que les humains ont trouvé les jalons leur permettant de marquer le temps. Trois cycles naturels se distinguent : l’alternance jour-nuit, la succession des phases de la Lune et la succession des saisons. Ces cycles n’ont, malheureusement, aucune relation simple entre eux : la Lune reproduit les mêmes phases autour de la Terre en 29,53 jours et la Terre tourne autour du Soleil en 365,2422 jours. Ce casse-tête oblige à choisir entre un calendrier solaire comme l’ont fait les Égyptiens de l’Antiquité, lunaire, comme encore utilisé chez les musulmans ou luni-solaire, comme l’utilisaient les Chaldéens, Grecs, Gaulois. Dans tous les cas, le rythme de base est marqué par le retour du Soleil à sa culmination quotidienne, lorsque l’ombre portée est la plus courte.

La direction de l’ombre la plus courte est toujours la même, c’est celle du méridien, la ligne qui coupe l’espace et le temps en deux. Le premier instrument de l’astronomie a donc été le gnomon, ce montreur d’ombre très facile à réaliser, puisqu’il peut s’agir d’un simple bâton planté dans le sol... mais pas toujours très facile à lire ! Car cette ombre méridienne raconte beaucoup de choses. En cette saison, elle s’allongeait considérablement. Le Soleil étant de plus en plus bas sur l’horizon, la nuit gagnait. Ce 21 décembre, heureusement, notre Soleil arrête sa descente, la nuit cesse de s’allonger, le jour renaît. Lorsque le Soleil s’arrête ainsi, c’est le solstice, du latin sol sistere, le Soleil s’arrête. C’est le jalon le plus important de l’année, à partir du solstice de décembre, le jour, en tant que partie éclairée de la journée, s’allonge. Pendant six mois le Soleil va monter dans le ciel, jusqu’à s’arrêter au prochain solstice, le 21 juin. Alors, la nuit recommencera à gagner, le Soleil déclinant lentement. Au moment du solstice, le Soleil inverse sa course apparente dans le ciel : il semble rebrousser chemin. Le Soleil est alors dans la direction du tropique, du grec tropicos, retourner. Dans l’Antiquité, où cette lecture suivie du ciel était vitale, le Soleil se trouvait parmi les étoiles de la constellation du Capricorne au moment du solstice d’hiver et parmi celles de la constellation du Cancer au moment du solstice d’été. Pour savoir parmi quelles étoiles se trouve le Soleil... il suffit de regarder parmi quelles étoiles se trouve la Pleine Lune, qui est à l’opposé du Soleil : la Pleine Lune d’été se trouve parmi les étoiles qui seront dans la direction du Soleil d’hiver et réciproquement... Une fois de plus, c’est en se mettant à l’ombre que les secrets du Soleil se dévoilent.

Lorsque Jules César stabilisa le calendrier, en 46 avant notre ère, le solstice d’hiver avait lieu le 25 décembre. C’était la fête de la naissance du jour, célébrée par les saturnales. Dans toutes les cultures la re-naissance du jour été célébrée : le Soleil renaît, chez les gaulois, il s’agissait du Nouveau Soleil : noio hel, très lointain ancêtre de notre noël, qui ne fut christianisé que très tardivement, les fêtes religieuses s’installant sur les fêtes astronomiques : solstice d’hiver le 25 décembre, solstice d’été, où l’on prolonge le jour en allumant des feux, le 24 juin, équinoxe de printemps le 25 mars... c’est bien l’astronomie qui règle le cours de la vie sociale.

Orion

La grande constellation est majestueuse dans le ciel du début de nuit en cette saison. Visible de tous les points de la Terre, elle n’est pas visible toute l’année. Dans la plupart des civilisations, elle est identifiée à un chasseur. Il est vrai qu’il est facile de construire un corps à partir des étoiles qui forment l’astérisme. Ce grand personnage, qui chevauche l’équateur céleste, est l’objet de nombreuses légendes. Chez les Grecs, Orion avait la faculté de marcher sur l’eau, ou de marcher dans la mer sans se mouiller la tête. Il est aisé de voir que, lorsque la constellation passe au méridien, le chasseur est debout au-dessus de la mer pour les habitants de la rive nord de la Méditerranée. Aimé d’Éos, la déesse des crépuscules devenue Aurore chez les Romains, Orion est retenu par la belle au moment de son coucher vespéral (mi-mai). La constellation descend alors très lentement à l’horizon ouest. Lorsque Orion a totalement disparu dans la lumière du Soleil couchant, Éos se met à pleurer et ses larmes deviennent la rosée qui se répand sur terre à cette saison. Ces amours divines n’ayant pu rester secrètes, sans doute à cause des indiscrétions d’Apollon, Éos se confondit de honte à son retour au petit matin ce qui entraîna le rougissement du crépuscule. Comme tous les chasseurs, Orion est suivi de chiens dont l’un est très important : il est symbolisé par Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel. Dans l’Égypte ancienne, Sirius, facile à remarquer à cause de son exceptionnel éclat,commençait à être visible au petit matin lorsque la chaleur était accablante. C’était le début de la crue du Nil, et celui de l’année agricole. Mais le calendrier égyptien ne comptait que 365 jours. En quelques années, les fêtes religieuses se décalaient lentement par rapport à la réalité astronomique et agricole et ne correspondaient plus aux activités qu’elles étaient censées célébrer : au bout de 730 ans, le décalage atteint six mois et les prêtres célébraient la crue du Nil en pleine sécheresse ! Dès cette époque reculée (le calendrier égyptien fut utilisé pendant plus de 4000 ans !) il est naturel de lire la réalité astronomique au calendrier des saisons dans le ciel. De cette pratique est né le proverbe : « Le ciel ne ment jamais ».. Il s’agit, bien sur, du vrai ciel, celui des étoiles !

Dans la constellation d’Orion observez la couleur des étoiles. La plus lumineuse, Betelgeuse, est rouge, elle marque l’épaule du héros, elle se situe à 520 années-lumière. C’est une énorme étoile dont le diamètre varie régulièrement passant de 550 à 920 fois celui de notre Soleil. Sa masse est environ 20 fois plus importante que celle du Soleil, mais sa densité est inférieure au dix-millième de celle de l’air !

Rigel, la jambe ou le pied gauche du géant, est bleue, c’est une étoile chaude, 12000°, distante de 900 années-lumière. Son diamètre est 50 fois plus important que celui du Soleil.

Dans la barre verticale du T d’Orion qui représente l’épée du géant, la tache rose est la célèbre nébuleuse d’Orion. Visible à l’œil nu par beau temps, il s’agit d’une véritable pouponnière d’étoile. C’est un immense complexe de matière interstellaire de composition chimique relativement simple : pour 1 milliard d’atomes d’hydrogène, on trouve 100 millions d’atomes d’hélium, 1 million d’atomes de carbone, 300 000 atomes d’oxygène, 200 000 atomes d’azote et des traces de soufre, néon, chlore etc. C’est la matière première dans laquelle des étoiles se forment en ce moment. Une promenade aux jumelles dans cette merveilleuse région offre un spectacle inoubliable : profitez-en ! Le nuage se trouve à environ 1 700 années-lumière, à portée de regard !

Le ciel

décembre

21 12:03 Solstice d’hiver 26 Rapprochement Lune-Mars 27 22:22 Nouvelle Lune 29 Rapprochement Lune-Mercure 29 Rapprochement Lune-Jupiter 31 Rapprochement Jupiter-Mercure 31 Rapprochement Lune-Vénus janvier 04 12:00 Premier Quartier 11 03:28 Pleine Lune


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