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mardi 23 décembre 2008 / "le Patriote"
Depuis le 6 novembre, date de création officielle du comité, plus de 400 membres préoccupés par l’état de santé de l’hôpital public se sont greffés au projet. Après l’élection du bureau, la mise en place d’un siège social rue Amiral de Grasse et la déclaration de l’association en préfecture, l’heure est à la réflexion. Le président, Michel Remaggi, est conscient des difficultés à venir du comité. « Cela ne va pas être facile de défendre l’hôpital ». Leur volonté affichée est la suivante : « on ne s’adresse pas particulièrement aux professionnels de la santé, car les actifs ont des syndicats au sein des hôpitaux. Nous souhaitons réellement réussir à rassembler des citoyens de tous bords, et il y a du travail à faire ». Ainsi, il va falloir « convaincre les gens humbles qui vont à l’hôpital public et qui en ont besoin. Si on ne touche pas ces gens là, on aura des difficultés. 40% des gens risquent de ne plus se soigner dans les années à venir. Plus on avance, plus on paupérise », déplore le président.
Un futur hôpital calqué sur le modèle des entreprises ?
Si les professionnels de la santé sont en colère, c’est à cause de l’actuelle réforme hospitalière, dont la nouvelle loi Bachelot « hôpital, patients, santé, territoires » sera présentée au Parlement début 2009, ne fait « qu’accélérer le processus ». Le comité n’accepte pas la marchandisation de notre système de santé publique et réclame d’autres orientations : celles de l’amélioration et du dèveloppement des services publics de santé… alors même qu’un « gommage des différences entre le public et le privé » est actuellement redouté et pressenti. Il prévoit notamment d’interpeller les parlementaires et les pouvoirs publics sur le projet de loi, dénonçant le fait qu’il vise à mettre en place un hôpital calqué sur le modèle des entreprises. « Le texte donne aussi tous les outils pour fermer, concentrer, fusionner les structures hospitalières aux dépens de la qualité et de la proximité ». La situation des hôpitaux du département semble alarmante : « comme la majorité des hôpitaux en France, ils sont menacés de fermetures de services, de transferts d’activités ou de restructurations ». De Nice à Antibes (où le déficit de l’hôpital dépasserait les 2 millions d’euros !), en passant par Grasse et Cannes, on travaille toujours plus avec de moins en moins de moyens, dans les hôpitaux publics. Ce projet de loi est « un leurre, un système étatisé avec de moins en moins de possibilités à l’usager d’avoir son mot à dire. Il y a un danger : nous sommes dans une absence de démocratisation de notre système de santé », explique Ghislaine Raouafi, trésorière du comité et membre du bureau. Pour ne pas laisser les gens se faire endormir par les « sirènes du libéralisme », et pour que l’hôpital reste la « clé de voûte » du système de santé français, le comité compte poursuivre les distributions de tracts aux usagers sur les marchés durant le temps qu’il faudra. « Il faut que l’hôpital public perdure pour que le privé ne s’impose pas en unique solution », conclue Ghislaine Raouafi.
Juliette PACQUIER
Comité de défense hôpital-santé publique 06 :defensehopital.sante06@yahoo.fr