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mardi 30 décembre 2008 / "le Patriote"
A l’appel de l’association France-Palestine Solidarité, ainsi que du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), une manifestation –parmi d’autres- était organisée mardi 30 décembre devant l’église Notre Dame, à Nice. Trois jours après que l’opération « plomb durci » fut lancée, et que la guerre « sans merci » orchestrée par Israël eut commencée.
Beaucoup de civils ont été tués selon l’agence des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) qui, à l’heure où nous bouclions, ne pouvait pas donner de bilan précis.
Ce qui est sûr, c’est que l’opération (organisée en pleine période électorale d’un côté comme de l’autre), censée répondre aux tirs de roquettes du mouvement islamiste Hamas à Gaza, est la plus meurtrière sur ce territoire depuis la guerre des six jours, en 1967.
« Tout ce qui se passe dans la bande de Gaza est la faute du Hamas » affirmait encore lundi, le ministre de la défense israélien Ehoud Barak. C’est également, et notamment, la position de la chancelière allemande Angela Merkel. Pourtant, si le Hamas a effectivement lancé les hostilités, après la non-reconduction de la période de trêve le 18 décembre, l’état Hébreu porte une grande responsabilité dans la rupture de cette trêve. En réalité, cette période de calme, signée pour six mois, avait déjà été lourdement mise à mal le 4 novembre par un raid israélien tuant 6 membres du Hamas.
« L’Europe doit agir »
Pour Hind Khoury, déléguée générale de Palestine en France, Israël doit immédiatement cesser ses attaques. « Il faut qu’une nouvelle trêve soit instaurée pour pouvoir poursuivre les efforts de réconciliation palestinienne, et surtout que soit enclenché un processus politique qui nous mène quelque part. Il est temps que les Etats-Unis, l’Europe, la communauté internationale prennent leur responsabilité pour arrêter cette occupation illégale, et qu’un processus politique amène à un accord de paix dans un délai raisonnable ». Son homologue à l’échelle européenne Leïla Chahid, dénonce l’attitude des 27 : « C’est incompréhensible ; ils n’ont pas cessé de protester contre l’occupation, la construction du mur, l’extension des colonies, et malgré cela, ils n’hésitent pas à récompenser le pays concerné en rehaussant leurs relations avec lui ! » D’ailleurs, la présidence française a tout fait pour ce rehaussement des relations avec Israël, poursuit encore Leïla Chahid, rehaussement qui s’étend de l’économie jusqu’à la défense, et qui a été accordé sans aucune contrepartie. Dans un communiqué, le député européen et président du groupe de la gauche unie, Francis Wurtz s’adresse à Bernard Kouchner pour souligner la responsabilité de ce dernier en la matière : « Vous avez délibérément voulu ignorer les violations du droit international par les dirigeants israéliens, particulièrement vis-à-vis de la population de Gaza, à laquelle ils infligent un blocus total. Blocus que le rapporteur de l’ONU pour les droits de l’homme dans les territoires occupés a assimilé à une punition collective équivalent à un crime contre l’humanité ». Et à Francis Wurtz de demander désormais une initiative politique significative. « Pour ne pas laisser se développer pareil engrenage sans que le chef de l’Etat n’en tire les conséquences », ce qui reviendrait alors « à une fin déshonorante de la présidence française de l’Union Européenne ».
Rafael Fardoulis
*Comparaison apportée par les deux associations qui appelaient au rassemblement mardi.