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mercredi 28 janvier 2009 / "le Patriote"
Le Patriote a présenté la semaine dernière les propositions anti-crise du PCF, fondées sur la promotion de l’emploi, des salaires et des activités utiles contre la finance. C’est un ensemble de propositions à la fois opérationnelles tout de suite face à des plans de licenciements, [ par exemple il est entièrement inacceptable que Texas Instruments veuille imposer 360 licenciements sans même des propositions de reclassement !], ou pour inverser le cours des 30.000 emplois publics dont la suppression est programmée en 2009. Ces propositions sont entièrement tournées vers la promotion d’un nouveau type de développement, la réorientation de l’utilisation de l’argent dans tous les circuits économiques, et un redressement de la part du travail dans le partage des richesses crées. Elles s’attaquent aux racines de la crise systémique. Pas pour prétendre qu’on va « abolir » le capitalisme par un « grand soir », mais pour que s’engage un processus de luttes, de mobilisations et de gestions pour son dépassement. Sans omettre que cela demande d’affronter les orientations et les institutions actuelles de l’Union Européenne.
Crise et propositions
Des propositions qui prennent la mesure de la crise. Cette mesure de la crise, avec évidemment un « point de vue de classe » différent, les hiérarques du Medef la prenne(1). Un chômage de masse qui hante à nouveau l’Europe, le déclassement de la qualité de la dette de certains Etats ( Islande, Grèce, Espagne, Portugal, …) portent à la lucidité.
C’est aussi à cette aune qu’il faut regarder les propositions émises par le PS pour un « contre plan de relance » cette semaine.
Ce « contre plan » se propose d’injecter 50 milliards d’euros dans l’économie, soit le double du plan de relance gouvernemental et l’équivalent de 2% du PIB. En ce sens il est classiquement un plan keynésien de relance conjoncturelle. Il veut pour moitié encourager l’investissement et pour moitié la consommation, reprochant au projet gouvernemental d’être « unijambiste » en ne stimulant que l’investissement. Il propose un chèque de 500 euros aux ménages bénéficiaires de la Prime Pour l’Emploi et à ceux qui perçoivent les minima sociaux. Il propose une hausse de 3% du SMIC et une baisse de 1% de la TVA. Il souhaite redynamiser les « emplois aidés » et « encadrer les licenciements ». Pour l’investissement il propose des mesures de soutien aux collectivités locales, des mesures sectorielles, et veut transformer en prise de participation de l’Etat les aides accordées aux banques. Il se prononce pour la suppression du paquet fiscal.
Convergences…..
Ces propositions sont évidemment meilleures que l’abstention que le PS avait porté au Parlement à l’automne face au plan de sauvetage des banques de 360 milliards d’euros initié par le gouvernement. En ce sens les mobilisations sociales, les Congrès qui se sont tenus en décembre, tant au PCF qu’au PS, l’acuité de la crise elle même, travaillent le paysage politique à gauche. Elles sont meilleures notamment pour le choix du soutien à la consommation, la prise de participation publique dans les banques ou le soutien aux collectivités territoriales porteuses de 70% de l’investissement public.
Et confrontations
Mais « injecter de l’argent » ne suffira pas. Ainsi le plan du gouvernement n’est pas seulement « unijambiste ». Relancer l’investissement demande à poser la question de quels investissements productifs ? Si c’est pour accélérer la substitution capital travail, la mise en concurrence des sites de production, cet investissement sera bien inefficace à combattre la crise et engager un nouveau mode de production. Quels droits pour les salariés dans le contrôle de ces investissements ? Toute la question d’un continuum de droits et de pouvoirs des salariés sur les choix d’utilisation de l’argent est posée.
Autre question, quelle relance de la consommation ? Si il s’agit de relever seulement la PPE alors c’est le financement étatique qui paie le soutien du pouvoir d’achat, pendant que les revenus du capital et le profit des entreprises restent pour l’essentiel à l’abri de toute modification du partage de la richesse crée.
Enfin, et ce n’est évidemment pas une mince affaire, quel rapport entre cette relance intérieure et la réorientation nécessaire des politiques européennes ? L’ « indépendance » de la BCE de tout contrôle démocratique, le Pacte de stabilité, la « concurrence libre et non faussée »,…Faire le choix d’une véritable politique anti-crise demande de déclarer clairement caduc le Traité de Lisbonne. De quoi à l’air, par exemple, aujourd’hui son article 109 qui interdit les subventions des Etats aux entreprises au nom de ne pas « fausser la concurrence » ???
Pour un débat public constructif
Ces questions ne doivent pas seulement être débattues entre formations politiques. Ce sont des questions au cœur de la reconstruction d’une perspective politique. Depuis plusieurs mois, les communistes appelaient, largement en vain , à cette confrontation publique et populaire nécessaire. La crise comme la nécessité de riposter à le droite et au Medef, l’imposent à l’ordre du jour. Faisons grandir partout ce débat. Jean Paul Duparc
(1) il faut lire de ce point de vue les propos de Denis Kessler dans Les Echos de lundi 26 janvier « Il n’y aura pas de rebond, ni même de frein à la crise en 2009. (..) cette crise n’est pas conjoncturelle, il ne s’agit pas d’une des fluctuations du cycle des affaires classiques. Nous vivons une crise historique, au sens fort du terme ». on ne le démentira pas même si bien sur nous en tirons d’autres conclusions…..