|
Rendez-vous
|
![]() |
Votre journal
|
| Agenda | Les communiqués | Blog citoyen | Annonces légales / Publicité | Contacts |
| Devenir web-rédacteur |
mercredi 22 avril 2009 / "le Patriote"
Les raisons sont nombreuses pour qu’on réduise l’emploi massif des pesticides : pollution des nappes phréatiques, présence de résidus toxiques dans les aliments, impact sur la santé humaine, diminution de la diversité génétique, destruction de nombreux prédateurs… Entre cette pratique et les OGM, la « lutte intégrée » devrait pouvoir trouver sa place. Ou comment éliminer les parasites de façon biologique. Cela consiste à introduire dans un milieu donné, comme une serre, un verger, un vignoble ou un champ de maïs, le prédateur des ennemis des cultures. Il s’agit en fait de mettre en scène le fonctionnement de la chaîne alimentaire, et d’avoir ainsi recours à un processus naturel. Le principe général repose donc sur l’attribution du rôle d’auxiliaire de l’homme, dans son combat contre les ravageurs de cultures, à un organisme vivant.
Un exemple : « pour lutter contre la Pyrale du maïs - une chenille que l’agriculteur redoute -, on envoie des vagues successives de millions de micro-Hyménoptères, des Trichogrammes (qu’on a élevés sur des oeufs d’un autre papillon), pondre dans les oeufs de la Pyrale, leur larve tuant le ravageur. Une méthode efficace, si elle est bien appliquée, et respectueuse de l’environnement », explique l’INRA, l’Institut National de Recherches agronomiques, sur son site internet. L’Acarien rouge, qui s’attaque régulièrement aux feuilles de la vigne comme à celles des arbres fruitiers (poirier, pommier, prunier…), peut être combattu par un de ses cousins, un Acarien prédateur (le Typhlodrome).
Domaine du chimique
Dans leur volonté de défense des cultures contre les organismes nuisibles, les hommes ont eu recours aux méthodes biologiques avant que cela ne devienne le domaine de prédilection exclusif du chimique. La preuve avec la jachère, par exemple, qui crée une rupture dans le cycle de reproduction des organismes.
Mais malgré l’existence depuis une cinquantaine d’années de l’OILB, l’Organisation Internationale de Lutte Biologique, créée à l’initiative de l’UNESCO, force est de constater que le chimique a toujours la part belle. Car la technique de lutte intégrée est critiquée. En raison notamment d’un taux de réussite jugé insuffisant, et d’un risque biologique encouru par la manipulation des complexes parasitaires. Souvent, les grands exploitants restent sceptiques quant à son utilisation, considérant que la technique est davantage, voire uniquement, réservée au « tout écolo ». C’est peut-être un des freins auxquels a à faire face la lutte intégrée.
D’autres soutiennent que le principal handicap de la lutte biologique tient à ce qu’elle ne propose pour l’heure que des solutions ponctuelles à des problèmes précis : elle ne peut s’appliquer qu’à des milieux clos facilement contrôlables en terme de dispersion des agents biologiques, ou à des types de culture bien spécifiques. Mais sur un plan opérationnel, il existe encore peu de méthodes réellement transposables à grande échelle.
Reste aussi le manque d’enthousiasme et d’engagements politiques. En fait, « La lutte biologique est victime de la facilité, de l’efficacité et du faible coût des techniques chimiques. Mais l’évolution des insecticides a elle aussi ses limites. Idéalement, il faudrait adopter une lutte chimique intégrée ou raisonnée » estime Pierre Ferron, de l’INRA.
Il semble donc que les agriculteurs ne se résigneront pas facilement dans leur globalité, à utiliser ce procédé complexe, coûteux financièrement et en temps de travail. A moins que les clients ne fassent fortement pression.
Rafael Fardoulis