Rendez-vous
Votre journal
- Abonnement - Archives
- Contact - A propos

Agenda Les communiqués Blog citoyen Annonces légales / Publicité Contacts
    Devenir web-rédacteur  
Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2173 - 15/05/09 > Culture > CANNES CLASSICS 2009 : Le plaisir gourmand du cinéphile

CANNES CLASSICS 2009 : Le plaisir gourmand du cinéphile

Par Jack Fate

mercredi 13 mai 2009 / "le Patriote"


Derrière l’énorme machine à découvrir la cinématographie mondiale annuelle que représente le festival avec ses sélections officielles et ses sections parallèles, Thierry Fremaux a mis en place depuis plusieurs années une sélection « Cannes Classics » qui permet aux festivaliers de (re)découvrir quelques perles rares d’une histoire du cinéma qui cultive les zones d’ombre, les tunnels, les disparitions, les interdits. Qu’il est difficile de revoir le western qui a marqué notre enfance, le nanar improbable qu’on a vu en famille, le chef d’œuvre qu’on a étudié à la Fac, le film devenu culte… Alors pendant ces 10 jours ne boudez pas cette sélection précieuse. Vous pourrez toujours revoir un film de la Compétition (ils sortiront tous en salle). Par contre, les copies merveilleusement restaurées (souvent en numérique) et sur grand écran dans l’agréable salle Bunuel de l’étrange Les Yeux sans visage de Georges Franju (1960), du magnifique Senso de Luchino Visconti, (1954), de l’inquiétant Accident de Joseph Losey (1967) ou encore du documentaire fondamental Loin du Vietnam de Joris Ivens, William Klein, Claude Lelouch, Agnés Varda, Jean-Luc Godard, Chris Marker, Alain Resnais (1967), vous n’aurez pas beaucoup d’occasion de les revoir dans ces conditions.

La mise en bouche de Cannes Classics est somptueuse avec l’immense réalisateur et cinéphile Martin Scorsese qui vient présenter la sublime copie restaurée de The Red Shoes (Les Chaussons rouges) de Michael Powell & Emeric Pressburger (1948), un chef d’oeuvre cher à Thiery Fremaux et Bertrand Tavernier. Elle ouvre un banquet cinéphile des plus délectables avec en plus du Senso quelques antipastis italiens reputes signés des plus grands chefs Sergio Leone (Il était une fois…la révolution, 1971), Michelangelo Antonioni (L’Avventura, 1960) et Pietro Germi (Signore e Signori, 1965), mais aussi des classiques français mijotés par les inventeurs de génie que sont Jean-Luc Godard (Pierrot le fou, 1965) et Jacques Tati (Les Vacances de Monsieur Hulot, 1953). Saveurs orientales (La Momie de Chadi Abdel Salam en 1969), bouquet doux-amer asiatique (Prince Yeonsan de Shin Sang-ok en1961 et A Brighter Summer Day d’Edward Yang en 1991), spécialités occidentales comme Victime du britannique Basil Dearden (1961) ou Dieu ne croit plus en nous de l’autrichien Axel Corti (1982), expériences originales (Redes d’Emilio Gomez Muriel et Fred Zinnemann en 1936) et tentatives avortées (L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot de Serge Bromberg), ce long festin de 10 jours n’en finit pas de surprendre… Jusqu’à Wake In Fright (Reveil dans la terreur) cette recette explosive et magistrale que le canadien exilé Ted Kotcheff réalisa en 1971 en Australie. Sorti en catimini sous le titre de Outback, ce petit plat cuisiné sans prétention mais avec une efficacité impressionnante devait rapidement acquérir une réputation « culte ». A ne rater sous aucun prétexte.

Enfin deux desserts savoureux seront proposés aux spectateurs repus : Les deux de la Vague d’Emmanuelle Laurent et Pietro Germi, Il Bravo, Il Bello, Il Cattivo de Claudio Bondí, deux documentaires qui évoquent avec délicatesse et profondeur l’un les débuts de Godard et Truffaut et l’autre la carrière de Germi. Bon appétit.


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette