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mardi 19 mai 2009 / "le Patriote"
« Saint-Martin-Vésubie c’est Las Vegas ; l’éclairage public y est hallucinant », ironise Jean-Luc Desrayaud, président d’AIDER (Association Intervallées de Défense de l’Environnement et de la Ruralité dans le Mercantour). Rénové à grands frais, le stade municipal bénéficie désormais d’éclairages ultra-puissants, de tribunes refaites à neuf et d’une belle pelouse digne des plus grands stades avec les frais d’entretien et l’arrosage qui vont avec. Une rénovation motivée essentiellement par l’accueil de l’OGC Nice pour ses trois journées entraînements annuels sur la commune. Ce petit écrin de verdure au bord de la rivière Vésubie présente cependant l’inconvénient d’être situé en zone inondable. Il en va de même pour la zone artisanale municipale et départementale, toutes installées en bordure d’une rivière aux crues imprévisibles. La station d’épuration ne déroge pas à la règle : sur une trentaine de mètres, la rivière trouble et huileuse trahit la présence d’une station d’assainissement défectueuse. Elle ne répond plus aux normes depuis une éternité et ce malgré de nombreuses et coûteuses réparations. Résultat : l’eau usée est directement déversée dans la rivière. « Ce sont près de dix litres d’eau sale qui s’en vont ainsi par seconde dans les flots », s’insurge Jean-Luc Desrayaud. Et Pierre Sola, l’ancien premier adjoint du maire d’ajouter : « En dépit de cela, la commune demeure classée station estivale ». La décharge municipale vaut aussi le détour. Condamné en première instance puis en appel en 2004 à la fermeture de ce site, le groupe Pizzorno, mandaté pour le ramassage et le traitement des ordures ménagères, continue à l’exploiter illégalement. Pierre Reymondet, propriétaire du terrain, qui a disparu sous la décharge, en contrebas, reprend un peu espoir : « Après douze ans de procédure, un gain de cause et 14.000 euros de frais d’avocats, je pense enfin tenir le bon bout face au groupe Pizzorno ».
Un maire adepte du greenwashing
La décharge a causé un désastre écologique : les détritus ont dévasté la végétation, écrasant une buse en métal et se déversant ainsi dans le lit de la rivière. « Pendant toutes ces années, le maire a fermé les yeux. Il s’est braqué contre nous offrant son soutien au groupe Pizzorno », regrette Pierre Reymondet. Une décharge en zone inondable ouverte par Gaston Franco début des années 90. Car l’environnement est le talon d’Achille du conseiller spécial en charge des problématiques du développement durable au sein du cabinet du maire de Nice. Une réalité qui a poussé le botaniste au Parc National du Mercantour, Jean-Luc Desrayaud, à fonder AIDER Mercantour : « C’est la destruction programmée du Boréon. À coup de pioche, fruit de l’urbanisation à marche forcée, on défigure cet environnement unique qui lui a valu le surnom de petite Suisse niçoise. Son lac a été aménagé à grand renfort de béton armé, puis contourné par une route aux allures de boulevard ». Dernier projet touristique en cours d’élaboration : un hôtel de luxe avec un Spa à l’image des « Granges de Marie » à Megève. Gaston Franco, l’ancien adjoint au Tourisme de la mairie de Nice, s’obstine à miser sur le tourisme comme principale retombée économique sur sa commune. Le Parc au loup qui n’attire guère que quelques cars d’écoliers est au bord du dépôt de bilan et continue à engloutir un million d’euros par an. La faillite d’un projet d’autant plus fâcheuse que cet enclos empiète de quatre hectares sur le parc naturel du Mercantour. Une entorse qui a été permise avec l’arrivée en 2005 à la présidence du Mercantour ce dernier. Jean-Luc Desrayaud tire la sonnette d’alarme : « En 2003 l’UMP avait déjà adopté un texte pour restreindre la prérogative des parcs nationaux. Depuis lors ce ne sont plus des zones de protection. La situation est d’autant plus inquiétante que ce sont des politiciens qui sont élus à la tête de ces parcs ». La politique a simplement ses raisons que l’environnement naturel ne peut pas comprendre.