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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2189 - 04/09/09 > Actualité > Rentrée sociale : sous le signe de la revendication

Rentrée sociale : sous le signe de la revendication

vendredi 4 septembre 2009 / "le Patriote"

A l’heure de la rentrée, alors que les syndicats dessinent leurs plans de luttes, voici un tour d’horizon des trois plus importantes centrales syndicales du département. C’est Didier Turrini, secrétaire départemental de la CGT qui a répondu en premier à nos questions. Jean-Michel Hervo, pour la CFDT s’est également prêté au jeu, par contre, pas de nouvelles de Force Ouvrière, qui n’a pas souhaité nous répondre, alors que le secrétaire a changé durant l’été, Sylviane Giordano ayant remplacé Jean-Jacques Mai

La CGT voit cette rentrée 2009 « sous le signe de la revendication ! On est dans le prolongement des luttes, pour les salaires, pour l’emploi et l’amélioration des conditions de travail » déclare en préambule Didier Turrini. En même temps le syndicat entend mobiliser sur le service public, notamment au travers de la réforme de la Poste (intitulée Facteurs d’avenir) - « Nous organiserons une grande consultation le 3 octobre, on va aller au devant des usagers » s’enthousiasme-t-il - mais aussi au travers de la réforme hospitalière, grande question autour des rôles du public et du privé, et en réalité, détaille-t-il encore, « on souhaite mener la question des services publics de manière interprofessionnelle ».

Un autre chantier qui attend le syndicat, est celui de promouvoir le syndicalisme en entreprise : « Les gens sont trop peu syndiqués, et trop souvent fatalistes, rappelons que 98% de la presse est favorable à un libéralisme de droite. Quand on voit les cadeaux qui ont été faits aux banques, et qu’on recule par exemple, sur les prises en charge Assedic, c’est révoltant. Il faut que les entreprises se mettent dans la course, lorsque l’on demande aujourd’hui un SMIC à 1500 euros net, ce n’est pas de l’utopie ».

Les problèmes ne manquent pas et les batailles que livrera le syndicat seront nombreuses : « avec la crise, on a un recul énorme en matière industrielle, et cela favorise en réalité les délocalisations ». Le travail du dimanche, sera abordé autour du thème des salaires, avec en filigrane l’idée que si cela se généralise, les indemnisations ne seront plus les mêmes.

Il y aura aussi la régularisation des sans-papiers dont on entendra à nouveau parler, « situations humaines détestables pour nous et pour les générations futures qui verront ça d’un mauvais œil ». Pour la CGT, il faut cesser la régularisation au cas par cas.

Bourse du travail

Puis il y a cette nouvelle, apprise très récemment : la CGT à Nice restera là où elle est depuis 103 ans. Le 28 août, lors d’un discours en hommage à l’ancien secrétaire de l’Union Départementale tué par les Nazis, son lointain successeur déclarait : « Nous avons décidé d’accepter la proposition de la mairie : alors qu’il y a un an, un arrêté d’expulsion mettait un terme à notre droit d’occuper les locaux de la place Saint-François, la CGT restera sur cette place, le bâtiment Aigle d’Or sera rénové et remis à disposition de notre organisation. La perte du bâtiment appelé Palais Communal sera compensée par des espaces équivalents et plus fonctionnels. Nous ignorons à quel usage est destiné notre vieille Bourse, mais nous serons attentifs à son devenir comme l’ensemble de la population ».

Pour ce qui est de la CFDT, les membres de l’Union Départementale voient rouge. Ras-le-bol et colère sont les maîtres mots de cette rentrée 2009. Jean-Michel Hervo détaille : « Ras-le-bol de ces directives prises régulièrement par le gouvernement sans aucune consultation syndicale, exemple, le travail du dimanche dont le démarrage effectif a été lancé en plein été ! Ras-le-bol du retour des bonus pour les traders, et de tant d’autres choses ! » Colère aussi, pour ce qui est de la privatisation rampante de La Poste, contre laquelle le syndicat rappelle qu’une manifestation unitaire est prévue le 22 septembre, colère contre les coups répétés à l’encontre du service public, contre les conditions de rentrée des enseignants ou encore contre les conséquences de la crise. « Nous avons entre trois et quatre personnes par jour qui appellent pour être mises en relation avec des conseillers du salarié, c’est-à-dire qu’elles sont licenciées, et qu’il s’agit d’entreprises de moins de 10 salariés, qui n’attirent pas les caméras. Et ici dans les Alpes-Maritimes, nous n’avons pratiquement pas de grosses entreprises, c’est 92% de PME. Mais ce n’est pas pour ça que la région est épargnée », s’énerve le leader fédéral.

On retiendra de cette rentrée également le signe fort envoyé par les deux leaders confédéraux de la CGT et de la CFDT lors de l’université d’été de cette dernière. Les deux hommes ont évoqué ensemble les points forts de l’année à venir, et plaidé pour l’unité. Peut-être le message s’adressait-il à Force Ouvrière ? R.F.


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