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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2190 - 11/09/2009 > Actualités > Les conseillers d’orientation-psychologues en danger !

Les conseillers d’orientation-psychologues en danger !

mercredi 9 septembre 2009 / "le Patriote"

La moitié des conseillers d’orientation-psychologues de l’académie était présente, mardi après-midi, pour être entendue par le secrétaire générale de l’académie (le recteur étant absent). Des Alpes-Maritimes au Var, tous sont venus manifestés devant l’entre du rectorat, notamment au sujet de la faiblesse du recrutement.

Pour six départs à la retraire, un seul est remplacé ! On est loin du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite. La situation des conseillers d’orientation-psychologues s’aggrave. Avec un recrutement de seulement 50 postes pour 300 départs depuis 3 ans, les effectifs diminuent à vue d’œil.

Cette année, ils sont au point de rupture et n’arrivent plus à exercer leur métier correctement. 96 conseillers pour toute l’académie (des Alpes-Maritimes et du Var) c’est peu. Trop peu. En plus de leur travail au CIO (Centre d’Information et d’Orientation), les conseillers d’orientation-psychologues exercent dans les établissements d’enseignements publics du second degré. Chacun d’entre eux s’occupe de 2 ou 3 établissements. Une charge de travail qu’ils n’arrivent plus à assumer. Car leur rôle n’est pas facile : information sur les études, sur les formations professionnelles, sur les qualifications et les professions etc. Une aide indispensable, surtout pour les jeunes en difficulté avec qui, ils tentent d’élaborer des projets. Pour se faire, ils collaborent avec les équipes éducatives, avec les parents, les enseignants, les assistantes sociales… à l’adaptation scolaire. Un vrai travail d’équipe. Les conseillers s’intéressent à l’affect, l’histoire, la situation sociale, économique, familiale de l’élève. Faute de personnel, le suivi ne peut se faire avec tous les élèves. Catastrophés par l’état de leurs services, les conseillers n’arrivent plus à assumer leur rôle.

Une situation alarmante

Malheureusement, l’insuffisance du recrutement national n’est pas le seul problème. Le rectorat ne semble pas les écouter et le budget des CIO diminue (il a baissé de 10 à 20% depuis 2003). Hors, les conseillers ont besoin de moyens en termes d’infrastructure et au niveau des frais de déplacement (leurs missions s’exercent dans les établissements et le budget est conséquent).

Et si la question de l’aide individuelle est présente dans les discours politiques, le ressenti des conseillers n’est pas le même. L’état fait-il semblant de s’occuper d’orientation ? « On nous laisse pourrir » souligne Pierre, l’un des porte-parole. « On existe depuis des années mais sans le dire, ils tentent de nous faire disparaître. Le gouvernement parle beaucoup d’orientation mais supprime les conseillers. Où est la logique ? ».

Peu de budget, peu de personnel : les conseillers perdent peu à peu prises sur leur rôle. Les taches sont de plus en plus confiées aux secteurs privés facturant à la séance et aux enseignants qui ne sont pas formés pour. Le conseiller, lui, a une formation de deux ans : « On ne parle pas de la même manière à un gamin de 13 ou 17 ans. On s’adapte la personne qui est en face de nous ».

Quel avenir pour les conseillers ? « Nous sommes de moins en moins nombreux ; peut-être qu’ils vont nous faire glisser vers l’insertion professionnel. De toute façon l’objectif politique annoncé est de réduire un CIO sur deux, alors… ».

L.J.


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