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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n°2199 - 13/11/09 > Actualité > Assistante maternelle accusée de maltraitance

Assistante maternelle accusée de maltraitance

mardi 10 novembre 2009, par Lidice Busot-Mozes / "le Patriote"

« Violences volontaires ». Les mots sont durs. A peine si elle arrive à les répéter. Christine, assistante maternelle depuis 14 ans se verra, peut être, enlever son agrément le 18 novembre prochain suite à une plainte déposée par les parents d’un petit dont elle avait la garde.

Ce jour là, tout s’est déroulé plus ou moins comme d’habitude. Christine avait remarqué que le petit Mathias (1) était un peu plus « grognon » que d’habitude mais sa maman l’avait prévenu qu’il avait mal dormi. Ce dernier est parti vers 15 heures et un peu plus tard dans la soirée un coup de fil des parents annonce le début d’une longue histoire. En effet, à l’hôpital, on lui avait décelé une fracture de l’humérus.

Le père a très rapidement prétendu qu’à l’hôpital on les avait fait passer par de « parents maltraitants ». Les insinuations ont provoqué un grand malaise car l’assistante maternelle a été très vite visée. Cette dernière assure avoir eu l’enfant sous surveillance ou dans le parc quand elle n’était pas présente. Selon les parents, le médecin avait déclaré que c’était une fracture datant du jour même. Cependant aucun signalement n’a été transmis à la police comme c’est la procédure dès qu’un médecin a des soupçons de maltraitance.

Le lendemain, les parents se sont rendus chez la nounou afin d’obtenir des explications. Cette dernière réalise que l’affaire prend des proportions surdimensionnées et qu’on veut la rendre coupable de la blessure. Or, l’enfant, entre 15 et 20 heures n’était pas avec elle. Christine décide de prévenir la Protection Maternelle et Infantile (PMI) dont elle dépend. Le père est un policier et elle a senti « qu’il faisait le flic » chez elle. Comme à l’accoutumé, une puéricultrice a été dépêchée sur place qui décide de ne pas suspendre l’agrément de l’assistante ayant à charge trois autres enfants.

Cinq jours plus tard la PMI prévient l’assistante maternelle que cette fois-ci ils sont contraints de lui suspendre l’agrément car les parents venaient de porter plainte. Christine est sous le choc et ne comprend pas. Les autres parents la soutiennent, ils essayent de se mobiliser, de s’arranger pour garder les enfants… La brigade des mineurs vient au domicile, ils fouillent partout, prennent des photos et l’interrogent sur place. « J’ai ressenti ça comme un viol », signale-t-elle. « Préparez- vous à la garde à vue », lui a-t-on expliqué dans la foulée.

« Vous réagissez comme une coupable »

Déshabillage, empreintes digitales, photos avec une pancarte comportant un numéro, mise en cellule… Christine va subir tous les désagréments d’une garde à vue. Sans l’avoir auditionné on lui fait signer un document dès qu’elle arrive. « Violences volontaires », voilà ce qu’indiquait le document qu’elle a dû signer. « C’est ça la plainte ? », a-t-elle demandé. Pas de réponse. Avec 16,5 de tension, le médecin vient la voir. Il laisse des consignes avec des médicaments à prendre. On ne lui donne pas. Une fois dans la cellule elle a appelé, personne n’est venu.

« Vous réagissez comme une coupable. Vous vous enfoncez », lui-a-on dit lors de la première audition. « Ils ont essayé de semer le trouble entre mon mari et moi pour nous mettre la pression », explique Christine. A la confrontation il n’y a que la mère. La plainte est d’ailleurs en son nom, comme ça le père, policier au même endroit où elle se trouvait, n’était pas mêlé. Des propos tenus par la mère ne figurent pas, selon Christine, dans le procès verbal qu’elle a signé après. Elle aurait avoué avoir coincé le bras du petit dans l’ascenseur la veille. Christine entend même un policier tutoyer la mère.

Les autres parents ont aussi été convoqués, ils soutiennent leur nounou qu’ils connaissent bien. Le médecin légiste n’a pas pu dater la fracture. L’entretien avec le psychologue se passant bien aussi, Christine est relâchée au bout de 31 heures de garde à vue. Depuis, l’assistante maternelle ne travaillait plus car son agrément avait été suspendu. Le Procureur de la République n’a pas encore donné suite à la plainte, c’est pourquoi au mois d’octobre elle reprend son travail, comme la loi le lui permet. Mercredi prochain une commission paritaire doit se réunir pour décider si elle peut garder son agrément ou pas. Ils doivent analyser le dossier de Christine et entendre ses arguments.

« Les assistantes maternelles sont-elles vraiment protégées dans l’exercice de leurs fonctions ? », c’est la question que se pose la conseillère municipale communiste Emmanuelle Gaziello qui trouve des incohérences manifestes dans ce dossier. Elle a même adressé une lettre au conseiller général Daniel Benchimol afin d’obtenir une réponse de la part de cette collectivité territoriale chargée de la petite enfance. L’affaire est pour le moins délicate mais Christine a de nombreuses lettres de soutien de la part des parents qu’elle a pu côtoyer dans le passé, ainsi que des parents d’autres enfants dont elle s’occupe. Elle est confiante, mais le stress est palpable. Affaire à suivre… Lidice BUSOT

(1) Dans un souci de confidentialité le nom de l’enfant a été changé


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