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GRASSE
jeudi 8 mars 2007 / "le Patriote"
Paul Euzière, le conseiller municipal et communautaire communiste, dénonce, dans son blog (1), ce qu’il nomme « un dossier scandaleux ». Scandaleux pour plusieurs raisons. D’abord pour les locataires qui ont été invités, le 6 avril 2006, par le bailleur — la société Azur-Provence-Habitat (groupe Solendi) —, à une réunion sur un projet de « rénovation » et qui se sont retrouvés face à une décision de démolition.
Scandaleux parce que la ville de Grasse, qui ne remplit pas ses obligations légales de 20 % de logements sociaux, va en démolir 88 ! Scandaleux, le dossier l’est également pour les élus municipaux grassois et pour les élus du conseil d’agglomération Pôle-Azur-Provence. Leur in-formation, ils la doivent aux locataires et à la presse. A aucun moment, à la volonté — et l’obligation — d’information du maire et président de l’agglomération Pôle-Azur-Provence : M. J.-P. Leleux. A plusieurs reprises, et deux fois par écrit, en juillet 2006, puis le 23 février dernier, Paul Euzière lui a demandé expressément et clairement que soit organisée rapidement une table ronde entre locataires, bailleurs et élus, afin d’écouter les familles et de juger de l’opportunité de cette opération, alors que Grasse compte près d’un millier de demandes de logements HLM et que le taux de logements sociaux locatifs est de 13,45 %. Il a égale-ment souligné combien il est « intolérable que des institutions démocratiques, et les élus qui en sont membres, soient à ce point tenus à l’écart et méprisés sur des sujets aussi sensibles » et trouve, comme il l’écrit dans un courrier du 23 février, « insupportable que ce soit par la presse que les élus apprennent des projets et des décisions importantes concernant les Grassois ».
Paul Euzière, qui est également président du groupe de la gauche unie, avait demandé, dès l’été 2006, que le conseil municipal de Grasse et le conseil d’agglomération Pôle-Azur-Provence soient informés et puissent débattre de ce dossier.
« Aujourd’hui, ajoute t-il, il s’avère que l’argument de « vétusté » des bâtiments invoqué par Azur-Provence-Habitat est contredit par des documents de la direction des impôts. « Par ailleurs, une surface boisée de 3.000 m² — pourtant classée — sera supprimée par le nouveau projet. » Aussi, réitère t-il sa demande d’une « inscription d’urgence du devenir de « la Tourache » à l’ordre du jour du prochain conseil municipal de Grasse et du conseil d’agglomération Pôle-Azur-Provence. Excédés par le mutisme et la désinvolture des autorités face à leur drame, les habitants de « la Tourache » (2), souvent de très modeste condition, ont tenté de porter leur désarroi aux plus hauts niveaux. Ils ont en effet, dans ce qu’il appellent « un appel au secours et dernier recours », saisi Marie-George Buffet qui leur a aussitôt répondu, soulignant que dans le contexte d’une ville qui compte plusieurs milliers de demandeurs et où la loi SRU n’est pas respectée, il n’est pas opportun de détruire 88 logements sociaux. « En matière de logement social, poursuit-elle, le but de la campagne que je mène comme candidate de rassemblement de la gauche populaire et antilibérale est clair : il faut d’urgence un grand programme de constructions de logements sociaux pour répondre aux besoins. Ce qui signifie : ne détruire des HLM que là où cela s’avère indispensable et, dans tous les cas, avec l’accord des locataires. Un gouvernement décidé à mener réelle-ment un politique de gauche devra y veiller. « Dans l’immédiat, je relève que vous n’avez reçu aucune nouvelle du ministre du Logement et de la Cohésion sociale, M. Borloo. Je vais donc l’in-terpeller sur votre situation et lui demander de vous apporter une réponse. »
Si Paris a entendu les locataires de « la Tourache », espérons que le maire de Grasse entende aussi ces administrés et ses élus ! C. P. ——— (1) Blog de Paul Euzière : http://pauleuziere.wordpress.com/ (2) Organisés dans un collectif de défense des locataires et riverains de « la Tourache ».