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Accueil du site > L’hebdo en ligne > n° 2067 - 03/05/2007 > Actualités de la semaine > Le BTP, un métier parmi les plus pénibles !

Le BTP, un métier parmi les plus pénibles !

vendredi 4 mai 2007 / "le Patriote"

SOCIAL. L’Union syndicale de la construction CGT rappelait la pénibilité de cette profession, à l’occasion de la journée mondiale des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles, le 28 avril dernier.

Le 28 avril dernier était symboliquement baptisé : « Journée mondiale des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles »… Symboliquement, puisque cette date n’était guère marquée par des événements et manifestations sensibilisant l’opinion sur ces maux qui touchent des millions de salariés en France, en Europe et à travers le monde.

La Fédération de la construction CGT s’est cependant associée à cette journée, y compris au niveau départemental avec l’Union syndicale de la construction. Son secrétaire national fédéral, chargé de la santé au travail, Christian Blicq, donnait une conférence de presse en présence de salariés victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles, à Antibes. Les mé-tiers du bâtiment et des travaux publics sont en effet particulièrement concernés par ces problèmes. « Deux millions deux de travailleurs dans le monde meurent chaque année dans le cadre de leur travail », expliquait Christian Blicq, citant les chiffres du Bureau international du travail, « soit cinq mille personnes par jour.

Cette journée nous invite à sortir de la banalisation des accidents et maladies dues au travail, et à agir avec le mou-vement syndical au niveau mondial, car il s’agit de maux qui ont leur source dans la concurrence sauvage internationale au travail ». L’initiative du 28 avril faisait également le lien avec la campagne nationale de la Fédération de la construction CGT sur la question de l’emploi, des salaires et des re-traites, lancée en 2001. Dans ce cadre, l’USC-CGT réclame « des mesures de prévention pour que cesse l’usure prématurée des salariés dont l’espérance de vie diminue de sept ans par rapport à d’autres métiers », notamment en raison de l’exposition à des risques multiples et de la pénibilité de ce type de travail. La CGT demande également « une mesure de justice », avec l’abaissement de l’âge de la retraite à 55 ans.

Le syndicat de la construction, dans le département, regrette également le manque de reconnaissance dû aux salariés du BTP. Les accidents du tra-vail sont le plus souvent relégués dans les faits divers, alors que « nos salariés construisent les équipements publics, les écoles, les hôpitaux, les routes, les logements », dénonce Christian Blicq. « Notre profession bat les records d’accidents du travail, avec un taux de fréquence largement au-dessus des autres métiers. » Dans le département, en 2005, dix-sept ouvriers du BTP ont été victimes d’un accident mortel sur leur lieu de travail. En 2006, l’USC s’est également portée partie civile dans le cas de six accidents mortels.

Aux accidents du travail s’ajoutent les maladies professionnelles, très nombreuses dans le BTP, dont beaucoup connaissent une issue fatale. « En PACA, de 124 maladies professionnelles reconnues en 2001, nous sommes passés à 265 en 2004 », selon Christian Blicq. Les entreprises utilisant différentes méthodes pour « sous-déclarer » ces maladies et accidents, c’est la « Caisse d’assurance maladie » qui supporte directement leur finan-cement, alors qu’il devrait être assuré par la branche accidents du travail et maladies professionnelles. « De plus, les maladies apparaissent bien souvent pendant la période de la retraite », explique Christian Blicq. «  Combien de cancers pourraient être attribués à notre activité profession-nelle ? », s’interroge le syndicaliste… D’autre part, l’USC critique la répartition du budget de la branche accidents du travail-maladies professionnelles : 1,6 % pour la prévention, 3 % pour la gestion, le reste pour la réparation. «  Il faut, dès la conception d’un projet, investir dans la prévention. » En rappelant cette dure réalité des conditions de travail des salariés du BTP, la Fédération de la construction CGT a ainsi voulu réaffirmer sa déter-mination à exiger « la responsabilisation du patronat ». «  A quand les radars sur les chantiers pour sanctionner les entreprises qui ne respectent pas la vie des autres ? Nous poursuivons notre mobilisation pour obtenir une retraite pleine et entière à 55 ans pour travaux pénibles », a souligné Christian Blicq, qui appelle tous les salariés de la construction à participer à la journée d’action du 4 juin prochain, et au rassemblement qui aura lieu ce jour-là au rond point de la RN 202 bis…

Diego CHAUVET


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