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ACTUALITES - RENTREE ECOLES
samedi 8 septembre 2007 / "le Patriote"
Si l’inspecteur d’académie parle de rentrée « techniquement réussie », le principal syndicat d’enseignants du primaire, le SNU-ipp, est très loin de cet avis… De même que de nombreux parents d’élèves, notamment dans certaines écoles de plusieurs communes. « On compte seize postes en moins dans le département », déplore Gilles Jean, secrétaire départemental du SNU-ipp. Une diminution qui entraîne, selon le syndicaliste, « une véritable chasse aux postes » pour faire face aux besoins persistants dans de nombreuses écoles du département. Chasse aux postes et fermetures de classes. C’est le cas en particulier sur l’école de Bendejun, dans la vallée du Paillon, dont l’une des quatre classes n’a pas rouvert pour cette rentrée. Du coup, celle-ci fonctionnera avec trois classes à cours triple, c’est-à-dire avec trois niveaux différents pour chaque. Une situation problématique pour cette école communale, toujours soutenue par la municipalité, et qui a provoqué la colère des parents d’élèves. Nombreux sont ceux qui envisagent désormais de scolariser leurs enfants sur la commune voisine, Contes, où le nombre d’instituteurs permet une meilleure qualité d’enseignement. Selon Gilles Jean, cette fermeture peut même menacer l’existence de l’école primaire sur Bendejun, conséquence de la désaffection des parents et du départ d’une bonne partie des enfants sur l’école de Contes.
Autre situation épineuse, sur le quartier de la Condamine cette fois. Ce quartier populaire de la commune de Drap est classé en zone d’éducation priori-taire (ZEP), et bénéficie à ce titre d’un peu plus de moyens en termes d’encadrement des enfants dans les établissements scolaires. Pourtant, à la ren-trée, quinze enfants de moins de 3 ans se sont retrouvés dans l’impossibilité d’être scolarisé, faute de place. « Le classement en ZEP oblige l’académie à accueillir ces enfants », souligne le secrétaire départemental du SNES. La « solution » de remplacement un temps proposée par l’académie, à savoir le transport par bus des enfants concernés sur une autre école du village de Drap, s’avérait totalement inadéquate, du fait notamment de l’éloignement entre le village et le quartier, excentré de plusieurs kilomètres. Le SNU-ipp est intervenu à plusieurs reprises auprès de l’académie, et reste optimiste sur la pos-sibilité de trouver une solution qui permettre de scolarisé ces quinze enfants à l’école de la Condamine.
Sur Nice, l’école Jean-Macé, dans le quartier Pasteur, a été occupée par les parents d’élèves de mardi à jeudi. Cette action a été motivée par le refus de l’académie d’ouvrir une classe supplémentaire, dans une école primaire qui compte vingt-huit enfants par classe en moyenne. Les règles administratives en la matière ne prévoient d’ouverture de classe que si l’une d’entre elles se retrouve à trente élèves. Or, les parents contestent le calcul de l’académie, qui ne compte pas dans les effectifs les enfants de moins de 2 ans…
Quelles que soient les acrobaties arithmétiques de l’académie, les suppressions de postes se font donc bel et bien ressentir sur le terrain. Et viennent en totale contradiction avec le discours du ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, sur la nécessité d’individualiser au maximum l’enseignement. « Ce n’est pas possible en supprimant des postes », conclut tout simplement Gilles Jean.
Diego CHAUVET